Sahab Museum

Manifeste

Le Musée Imaginaire Sahab

Gaza, qui occupe une position géographique importante, relie par voie terrestre trois continents, l'Asie, l'Afrique et l'Europe. Cette ville est l'une des plus anciennes dans le monde. Elle renferme des trésors qui remontent aux racines des civilisations arabes cananéennes, dont beaucoup sont encore cachés. Gaza vit dans un état d'isolement et des circonstances exceptionnelles qui n'ont pas permis à ces héritages d'être révélés. La ville a besoin de fouille, de recherche et de documentation sur cette histoire. Et pour cela, elle a besoin d'un endroit sûr pour présenter sa richesse culturelle au monde et sortir de son isolement.

Comment poursuivre le passé, agir dans le présent et imaginer un autre avenir ? Surtout, dans le cas du passé, du présent et de l'avenir de Gaza. Pour ce faire, nous devons nous créer un espace safe. Un espace pour repenser et imaginer. Un espace qui permette à nos rêves de prendre forme, malgré le poids du quotidien violent de Gaza.

Notre imagination peut-elle devenir un outil puissant face à cette réalité ?
Comment peut-on imaginer un musée à Gaza sans qu'il y soit question de pouvoir ?

Baptisé Sahab, et en tant qu'"institution imaginaire", le musée reflète une nouvelle image du patrimoine et de l'histoire de Gaza. Le Musée Sahab sera un espace virtuel pour l'exploration des idées et de l'art. Il sera façonné autour des technologies de réalité virtuelle pour permettre à tous les visiteurs de Palestine et du monde entier de s'y promener, où qu'ils se trouvent. Un musée sans frontières. Même si elle est virtuelle, la forme du musée a été conçue en s'inspirant de la vieille ville de Gaza : du style et de l'architecture des bâtiments et des maisons de cette région. Ainsi, par exemple, une cour intérieure occupera le centre. Chaque détail reflète une période spécifique de Gaza. De cette inspiration architecturale sont nés le concept et la forme de la sédimentation.

Emancipé de murs, le Musée Imaginaire Sahab est libre. Cette liberté lui permettra d'exposer une vaste collection. Même s'il est axé sur l'histoire, le Musée Sahab mettra également en lumière la création contemporaine, et défendra tout particulièrement la création d'œuvres numériques, de workshop en ligne et hors-ligne, et d'œuvres matérielles.

Sahab peut être traduit par "nuage". En effet, nous avons pensé que le nuage serait le lieu le plus approprié pour l'emplacement du musée. En effet, les "nuages" sont une passerelle vers le monde extérieur. Se réapproprier le terme “nuage” dans la langue arabe a un sens pour nous, c'est une façon de lui rendre sa pluralité.

Notre concept principal est de reconstruire la communauté à travers la construction du musée. À cette fin, la communauté nous aidera à construire le musée Sahab. C'est en construisant une communauté et en façonnant l'identité du musée, que Sahab pourra être créé. Plus la communauté sera étendue, plus le Musée sera large et inclusif. Nous aimerions renforcer le potentiel du Musée en tant qu'espace éducatif, en nous connectant à la communauté.

Le collectif "Hawaf" (terme qui peut être traduit par "marges") a été créé en 2021. Le projet de Musée est né d'une idée collective accompagnée par des rêveurs composites. Le groupe s'engage à poursuivre le projet aussi loin que possible, et à développer ses possibilités sur le long terme, à travers plusieurs étapes. A l'avenir, le Musée Imaginaire Sahab pourrait potentiellement conduire à la création d'une institution dans la vie réelle à Gaza.

Cet espace défendra le passé de Gaza et le protégera de la perte, et s’attachera à envisager un avenir meilleur par la pratique de l'imagination.

Le collectif Hawaf

Équipe

Mohamed AbusalMohamed Abusal

Mohamed Abusal est né en 1976 à Gaza.

Son travail d'artiste plasticien vise à mettre en lumière la réalité du quotidien des Palestiniens, tout en proposant des visions alternatives et optimistes d'un avenir meilleur. Diplômé en finance et en gestion, il s'est reconverti en tant qu’artiste en 2000 et a suivi de nombreux ateliers et mené de nombreuses recherches afin de développer et d'affiner ses compétences artistiques. Depuis 2000, il travaille à un rythme prolifique, produisant des œuvres audacieuses et innovantes qui ont suscité un vif intérêt et reçu un accueil très favorable de la critique. Parmi ses projets, on peut citer Metro in Gaza (2012) et Shambar (2013) – des projets comprenant des installations, des créations graphiques et des photographies – qui traitent de la réalité de Gaza assiégée et envisagent un avenir meilleur – un avenir qui n’est pas seulement plausible, mais qui constitue un droit humain fondamental.

En 2002, il a participé à la création du collectif d’artistes Eltiqa, qui a été présenté à la Documenta de Kassel en 2022. En 2005, il a reçu le prestigieux prix Charles Aspry d’art contemporain. Il possède une longue expérience de collaboration avec la communauté artistique française. Ancien lauréat de la Cité des Arts à Paris et de la Fondation Camargo à Cassis, il a exposé à l’Institut du Monde Arabe dans le cadre de l’exposition « Ce que la Palestine apporte au monde » en 2023. En 2021, il a cofondé le collectif Hawaf, qui développe un musée virtuel pour Gaza, le Sahab Museum. Mohamed Abusal est boursier de l’Artist Protection Fund en résidence à l’IREMAM - AMU & MUCEM. Il est lauréat du programme PAUSE - France.

Mohamed BourouissaMohamed Bourouissa

Born in 1978 in Blida, Algeria, Mohamed Bourouissa lives and works in Gennevilliers.

Preceded by a lengthy period of immersion, each of Mohamed Bourouissa’s projects constructs a new context for expression. With a critical eye toward the often stereotypical narratives of the media, the artist reintroduces complexity into the representation of contemporary society. The subjects of his photographs, sculptures, and videos are often people left “on the margins,” at the crossroads of integration and exclusion.

His work has been the subject of numerous solo exhibitions, notably at the Fondazione MAST, Bologna, Italy (2025); at the Palais de Tokyo, Paris, France (2024); LaM - Lille Métropole Museum of Modern, Contemporary, and Outsider Art, Lille, France (2023); Goldsmiths Centre for Contemporary Art, London, United Kingdom (2021); Kunsthal Charlottenborg, Copenhagen, Denmark (2021); ar/ge kunst, Bolzano, Italy (2020); Schinkel Pavillon, Berlin, Germany (2020); Les Rencontres de la Photographie, Arles, France (2019); Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France (2018); Centre Pompidou, Paris, France (2018); Musée National Eugène Delacroix, Paris, France (2017); Barnes Foundation, Philadelphia, United States (2017); Stedelijk Museum, Amsterdam, Netherlands (2016); Savannah College of Arts and Design, Atlanta, United States (2011); Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, United States (2011), among others.



Salman NawatiSalman Nawati

Salman Nawati est un artiste visuel qui enseigne les arts plastiques et dirige des programmes artistiques depuis plus de dix ans. Son exploration artistique a été nourrie par une expérience transformatrice lors de sa résidence à la Cité internationale des arts à Paris, durant laquelle il a fondé le Sahab Museum avec le collectif Hawaf. Il est également l’un des membres fondateurs du collectif Dahaleez.

Au cours de sa carrière, Salman Nawati a joué un rôle actif dans le paysage culturel, notamment en tant que directeur artistique de plusieurs festivals et en tant qu’enseignant à la Faculté des beaux-arts de l’université Al-Aqsa. Sa pratique artistique pluridisciplinaire traverse différents médiums, parmi lesquels la peinture, la photographie, le film, le théâtre et la musique. Son travail reflète profondément la complexité des conflits, qu’il s’agisse des luttes intérieures individuelles ou des défis sociaux et environnementaux plus larges auxquels le monde est confronté. Son œuvre constitue un moyen d’explorer les questions d’identité, de résilience et de condition humaine.

En parallèle de ses projets personnels, il a réalisé plusieurs expositions individuelles. Salman Nawati a également participé à de nombreuses expositions collectives dans des institutions prestigieuses, parmi lesquelles le Palais de Tokyo à Paris, l’Institut du monde arabe à Paris, The Mosaic Rooms à Londres, l’École supérieure des beaux-arts d’Aix-en-Provence, la Sharjah Architecture Triennial à Dubaï, la Fondation A.M. Qattan à Ramallah, ainsi que les Centres culturels français de Gaza, Ramallah et Jérusalem, entre autres.

Marion SlitineMarion Slitine

Marion SLITINE est anthropologue, chargée de recherche au CNRS (Centre Norbert Elias), enseignante aux Beaux-Arts de Marseille et fondatrice du collectif Maan For Gaza Artists, pour l’accueil d’artistes palestiniens en résidence en France. Elle a réalisé une thèse à l’EHESS sur l’art contemporain en Palestine, qui a été lauréate du Prix de Thèse du Musée du quai Branly et du GIS MOM/IISMM (mentions spéciales). Ses recherches portent sur les arts visuels de Palestine, en lien avec la question des engagements, de l’espace public et des utopies concrètes ; ainsi que sur les enjeux de reconstruction et de préservation du patrimoine artistique dans le contexte culturicide de Gaza. Depuis 2022, elle est membre du collectif d’artistes et de chercheur.es « Hawaf », qui conçoit le Sahab Project. Elle a été co-commissaire de l’exposition "Ce que la Palestine apporte au monde" à l’Institut du Monde Arabe (2023).

Andres BurbanoAndres Burbano

Andres Burbano travaille sur la décolonisation de l'art et de la technologie, avec des communautés sous-représentées qui passent du statut de spectateurs à celui de créateurs. En tant qu'artiste, il utilise les technologies immersives comme outil pour produire des projets culturels et sociaux, dans le cadre d'une pratique transdisciplinaire et collaborative. En tant qu'expert technique, il a de l'expérience dans le développement d'applications évolutives intégrant l'intelligence artificielle et le traitement d'images. En tant que chercheur, il étudie l'impact des technologies immersives sur le processus créatif.

https://canvar.art/abl

Sondos Al-NakhalaSondos Al-Nakhala

Sondos Al-Nakhala est une architecte originaire de Gaza qui vit à Doha, au Qatar.

Passionnée par le patrimoine culturel et l'urbanisme, et forte d'une solide expérience en photogrammétrie et en documentation technique, elle se consacre à la préservation de l'histoire grâce aux technologies modernes.

Originaire de Gaza, elle est animée par un engagement profond à veiller à ce que les objets culturels et les sites historiques soient documentés et préservés pour les générations futures. Son expertise comble le fossé entre les pratiques traditionnelles du patrimoine culturel et les outils numériques de pointe, rendant son travail à la fois innovant et percutant.